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TAKASHI MURAKAMI AU CHÂTEAU DE VERSAILLES
EXPOSITION Du 14 septembre au 12 décembre 2010
MURAKAMI VERSAILLES est organisée par L’Établissement Public du musée et du domaine national de Versailles et par Château de Versailles Spectacles, producteur délégué. Commissariat : Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou Metz.
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«Pour un japonais, y compris moi, le Château de Versailles est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale. C’est l’emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art dont la plupart d’entre nous ne pouvons que rêver.
Bien sûr nous comprenons que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la révolution est directement partie du centre du bâtiment.
Mais, sous de nombreux aspects, tout est transmis à travers un récit fantastique venant d’un royaume très lointain. Tout comme les français peuvent avoir du mal à recréer dans leur esprit une image exacte de l’époque des Samouraïs, l’histoire de ce palais s’est étiolée pour nous dans la réalité.
Donc, il est probable que le Versailles de mon imagination corresponde à une exagération et à une transformation de mon esprit jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière. C’est ce que j’ai essayé de saisir dans cette exposition.
Je suis le chat du Cheshire qui accueille Alice au pays des merveilles avec son sourire diabolique, et bavarde pendant qu’elle se balade autour du Château. D’un sourire enjoué, je vous invite tous à découvrir le pays des merveilles de Versailles.»
Takashi Murakami
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BIOGRAPHIE TAKASHI MURAKAMI
Docteur en peinture Nihonga de l’Université des Arts de Tokyo, Murakami développe un style unique et une oeuvre protéiforme aux techniques les plus modernes associées à la précision et la virtuosité de l’art traditionnel japonais, celui de l’estampe ukiyo-e (monde flottant) en particulier. Inspiré de la culture manga et kawaï (mignon), son monde irrésistible est peuplé de personnages monstrueux ou charmants, descendants facétieux des mythes passés. Murakami a crée en 2001, la Kaikai Kiki Corporation basée à Tokyo, New York et maintenant à Los Angeles, véritable pépinière d’artistes, dédiée à la production d’expositions, de films d’animation, d’événements comme la foire d’art contemporain GEISAI, l’édition de catalogues et de produits dérivés. L’esthétique Superflat, qu’il a théorisée en 2000, tente de brouiller les frontières entre art populaire et grand art. L’absence de perspective, la bi-dimensionnalité de l’art ancien s’infiltrent sur tous les supports, peinture, sculpture, wallpaper, films d’animation, accessoires. Dès sa première exposition monographique hors du Japon organisée par la Galerie Emmanuel Perrotin en 1995, il devient l’un des artistes contemporains les plus marquants et il investit les principales institutions internationales : le Center for Curatorial Studies Museum, Bard College à New York, en 1999, avec l’exposition The Meaning of the Nonsense of the Meaning ; PS1 en 2000, Grand Central Station en 2001, la Fondation Cartier et la Serpentine Gallery en 2002, le Rockfeller Center en 2003. Récemment, de 2007 à 2009, la rétrospective ©MURAKAMI a été présentée successivement au Museum of Contemporary Art de Los Angeles, au Brooklyn Museum à New-York, au Museum fur Moderne Kunst à Frankfort et enfin au Guggenheim Museum à Bilbao. En tant que curator, Murakami interroge les notions d’Histoire et de Culture en partant du principe que les catégories artistiques ne sont pas aussi rigides dans le système japonais et que le terme « art » englobe toutes les formes de création. Son exposition en 3 parties intitulée Superflat montrée dans les principaux musées des États-Unis et d’Europe, intoduisait des artistes japonais, dessinateurs et réalisateurs de films d’animation, sur la scène internationale. En 2005, le dernier volet de cette exposition, Little Boy, suggérait une interprétation nouvelle de l’histoire à travers une vision politique de l’art populaire d’après Hiroshima. Murakami se fait connaître du grand public en 2003, lorsque Marc Jacobs lui demande de revisiter le monogramme de la marque Louis Vuitton, décliné sur la ligne d’accessoires printempsété 2003. Puis, deux films d’animation SUPERFLAT MONOGRAM (2003) et SUPERFLAT First Love (2009) transposent les personnages de Murakamidans un univers Vuitton bariolé et psychédélique. En 2008, il est cité par le Time magazine comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde. Takashi Murakami est né en 1962 à Tokyo, Japon. Il vit et travaille à Tokyo, New York et Los Angeles.
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JEAN-JACQUES AILLAGON
Versailles a su, de tout temps, convoquer les meilleurs créateurs. Louis XIV y appelle Louis Le Vau, Jules Hardouin-Mansart, Robert de Cotte, Charles Le Brun, André Le Nôtre, Jean-Baptiste Lully, Michel-Richard de Lalande, Molière, Carlo Vigarini, François Francine, Gianlorenzo Bernini, dit Le Bernin, qui y réalisèrent des œuvres marquantes. Les règnes suivants y invitèrent, Jean-Baptiste Lemoyne, Jean-Marc Nattier, Jean-Henri Riesener, Richard Mique, Jacques-Ange Gabriel, Hubert Robert, André-Ernest-Modeste Grétry et tant d’autres. Louis Philippe, instituant à Versailles le Musée de l’Histoire de France, passa commande aux plus illustres artistes de son siècle. On doit à Eugène Delacroix, à Horace Vernet et à Louis-Ernest Meissonnier … quelques uns des chefs d’œuvre de la Galerie des Batailles ou des Salles des Croisades.
C’est par fidélité à l’égard de cet esprit de disponibilité à l’égard de la création que l’Établissement Public du Musée et du Domaine National de Versailles souhaite aujourd’hui permettre à des artistes marquants de notre époque de s’exprimer dans les lieux dont il a la garde.
Après le succès international de l’exposition Jeff Koons Versailles, en 2008, et le remarquable travail de création d’œuvres spécifiques de Xavier Veilhan, en 2009, c’est Takashi Murakami qui, cette année, est invité à présenter son œuvre à Versailles. En prenant le parti de créer à cette occasion des œuvres nouvelles qui s’ajouteront à certaines autres appartenant déjà à son répertoire, il s’inscrit bien dans la tradition d’ouverture à la création de Versailles.
Murakami est l’un des artistes les plus célèbre de notre temps. La confrontation de sa célébrité à celle du Château de Versailles permet de mesurer à quel point, par dessus les siècles qui les séparent, les chefs d’œuvre du passé savent dialoguer avec ceux du présent et ceux du présent avec ceux du passé. Le talent de Murakami a su créer une imagerie nouvelle, puisant à la fois dans les ressources de la tradition de son pays, dans celles de la bande dessinée japonaise - le manga - mais aussi dans toutes les expressions des cultures pop. Sa virtuosité, sa familiarité avec les matériaux précieux, son sens de la fonction médiatique de l’art trouvent, dans cette vaste « machine » à créer, à innover et à communiquer que fut Versailles, un écho tout particulièrement intéressant.
Jean-Jacques Aillagon Président de Château de Versailles Spectacles Président de l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles Juin 2010
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LAURENT LE BON
Murakami-Versailles est un moment exceptionnel qui voit le Château de Versailles renouer avec les artistes de son temps au cours d’une promenade qui fait (re)découvrir des lieux connus et méconnus du domaine.
S’il existe un lieu où il faut se risquer à créer une manifestation de notre époque et non un pastiche facile, tentation souvent préférée, c’est Versailles. La création artistique contemporaine permet une autre perception de ce monument vivant, réalité toujours changeante, qui n’est pas un modèle figé d’une époque unique, d’ailleurs bien difficile à définir, mais, comme tout élément de notre patrimoine, le fruit d’une stratification complexe de regards et d’interventions, y compris contemporaines. Elle contribue à briser un peu les clichés afférents à cet endroit qui se matérialisent par une pratique du lieu, parfois convenue et très concentrée. Il s’agit d’offrir des points de vue nouveaux sur un site que tout le monde pense connaître en révélant ainsi sa complexité contemporaine, sa substance, son épaisseur enfouie sous l’habitude.
Murakami-Versailles est une promenade, un itinéraire, un parcours dans le « paysage-territoire » de Versailles. Pour sa première grande rétrospective en France, l’artiste présente dans quinze salles du Château et dans les jardins, plusieurs de ses œuvres majeures. Ses créations, souvent des tours de force techniques, vont ainsi pouvoir être vues et appréciées par l’insaisissable grand public.
Les allégories et autres mythes Versaillais dialoguent ainsi avec les créatures oniriques de Takashi Murakami parfois inspirées de l’art traditionnel Japonais. « Je cherche à produire un processus créatif qui soit un pont entre le passé et le futur » aime-t-il rappeler.
Surprenante mise en abîme que l’installation temporaire des oeuvres d’un des artistes les plus connus de la scène contemporaine dans un des monuments les plus fréquentés du monde. C’est la question de l’in situ qui est sous-jacente à cette proposition. De nombreuses institutions culturelles ont tenté ces dernières années des confrontations entre le patrimoine historique et l’œuvre contemporaine. La radicalité de cette exposition nous semble différente tant par le lieu choisi que par la systématisation du parcours.
Écho, dialectique, opposition, contrepoint… Il ne nous appartient pas de trancher. Ce moment unique veut avant tout susciter la réflexion sur la contemporanéité de nos monuments et l’indispensable nécessité de la création de notre temps. Notre-Dame de Paris, les Invalides, le Panthéon, le Louvre, Versailles, pour ne citer que quelques-uns des plus connus, sont de véritables mille-feuilles d’interventions, en leur temps contemporaines, à côté desquelles Murakami-Versailles est d’une échelle plus modeste. Pourtant à chaque fois les mêmes objectifs : ne jamais réduire à néant le caractère singulier de tout geste artistique et ne jamais patrimonialiser l’irréductible imaginaire du créateur.
Quelques principes qui nous ont guidé pour cette expérience unique de trois mois : éviter le piège de l’art contemporain « intégré » au monument historique ; (re)découvrir un lieu ; se réjouir de travailler avec un artiste vivant et des émotions, des échecs et des surprises qui en résultent ; donner du plaisir. Faire confiance à l’un des meilleurs artistes de notre temps pour révéler un autre Versailles, un Versailles d’aujourd’hui, monument vivant sous l’angle de sa valeur d’usage, tel est le propos de cet événement. Plaisirs des sens, au cours d’une marche, nouveau labyrinthe versaillais dont la seule finalité est de divertir, aux deux sens du terme, le promeneur, au delà des clichés.
Une folie éphémère, un risque à prendre, car Versailles, autrefois « terrain d’expériences et laboratoire » multidisciplinaire des créations les plus audacieuses, notamment lors des fêtes, mérite ce regard artistique contemporain.
Laurent Le Bon Commissaire de l’exposition Directeur du Centre Pompidou-Metz
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PLUS D'INFORMATIONS - RÉSERVATION Découvrez l'exposition MURAKAMI VERSAILLES sur le site du Château de Versailles, en cliquant ici. Réservez vos billets pour l'exposition MURAKAMI VERSAILLES directement sur le site du Château de Versailles, en cliquant ici. (Les expositions temporaires sont comprises dans le prix du "Billet Château")
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Portrait de Takashi Murakami, Artwork © Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved Photo : Kenji Yagi, Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Paris & Miami
Takashi MURAKAMI Oval Buddha Silver 2008 Argent - 136.5 x 80.5 x 78 cm - Courtesy Blum & Poe, Los Angeles © 2008 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. Château de Versailles/Salon de l’Abondance © Florian Kleinefenn
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